Olbia - du pain pour Athènes

Villes et régions d’Ukraine


Lorsque les Grecs commencèrent à se sentir un peu à l’étroit dans leurs cités et champs pierreux, ils envoyèrent une partie de leurs jeunes gens au loin à la découverte de nouveaux lieux habitables. Ils prenaient cela tellement au sérieux qu’ils accueillaient parfois les bateaux rentrant au bercail armes à la main. Au 7e siècle av. J.C., les premiers bateaux de colons venant principalement de Milet, en Asie Mineure, atteignirent l’embouchure du fleuve Boug.

Les débuts d’Olbia ne sont pas aussi flamboyants qu’on pourrait se l’imaginer, avec colonnes de marbre blanc et statues de bronze. Les premiers habitants durent en effet vivre dans des huttes en terre.

 

C’est en tout cas ce qu’attestent les fouilles archéologiques menées depuis le 19e siècle à proximité du village de Paroutino. Il ne reste aujourd’hui presque rien de l’ancienne ville grecque. Les pierres de son mur d’enceinte et de ses portes généreuses, de ses maisons, sa place du marché et son agora furent utilisées plus tard pour construire des bâtiments fortifiés turcs et dans les villages alentours.

Mais le travail inlassable entrepris depuis plus de deux siècles par archéologues et historiens nous permet d’avoir aujourd’hui une image assez précise de la vie de la ville antique d’Olbia ainsi que de son histoire.

Aujourd’hui les terrasses surplombant le fleuve sont jonchées de débris de poteries. Ce sont pour la plupart les débris d’amphores, qui autrefois contenaient vin et huile d’olive, produits dont les grecs, même exilés bien plus au nord, ne voulaient se passer. En échange, ils importaient des céréales, soit qu’ils avaient eux-mêmes cultivées, ou bien achetée aux Scythes, qui eux les recevaient comme tribut de la part des peuplades vassales des steppes boisées. Pour les importer, le Boug et le Dniepr étaient alors les voies de transport idéales. C’est ainsi qu’Athènes put être approvisionnée en céréales pontiques.

L’histoire de la cité fut déterminée dès sa fondation par sa relation avec les Scythes et les autres peuplades environnantes. Sans leur accord, il n’aurait pas été possible de fonder la colonie. La cité d’Olbia se trouva successivement sous la protection de nombreux princes scythes. Ceux-ci s’avérèrent être des alliés de poids, ayant de plus depuis longtemps pris goût aux produits et mœurs grecs. Les trésors découverts dans les kourganes et exposé au musée Ermitage de Saint-Pétersbourg attestent de l’apparition d’un art gréco-scythe particulier, caractérisé par une combinaison de motifs directement inspirés de la vie des cavaliers des steppes et du savoir-faire des artisans grecs.

Bien qu’ayant besoin les uns des autres dans de nombreux domaines, la cité d’Olbia fut bien souvent la cible de razzias de la part de ses « barbares » voisins. La destruction d’Olbia par les Thraces, emmenés par Burebista en 55 av. J.C. engendra même l’abandon temporaire de la ville. Mais il faut croire que personne ne voulait renoncer à la présence d’Hellènes appliqués dans les steppes lointaines. Au premier siècle de notre ère, la cité fut totalement reconstruite et placé sous protectorat romain. Un fort romain pouvant accueillir une garnison y fut construit afin d’affirmer la présence de l’Empire au bord du Boug. Ce fut un humble renouveau, mais peut-être la dernière période de prospérité de la cité.

Le début du 4e siècle marqua le déclin de la ville et sa disparition. D’Olbia ne restèrent que les écrits de quelques chroniqueurs, ainsi que des ruines, qui dormirent quinze siècles avant d’être remises à jour par les archéologues.
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