L’indépendance: de la Glasnost à la CEI en passant par la Perestroïka

Histoire de l’Ukraine


Le 18 août 1992, des chars envahissent les rues de Moscou, et une troupe enivrée d’hommes âgés en uniforme déclarent l’état de siège. Le président Gorbatschov est arrêté dans sa résidence en Crimée. Il ne reste que quelques mois à l’Union soviétique qui vit ses derniers instants.

A Kiev, des tanks avaient également défilé dans les rues de Kiev, mais les dirigeants d’alors sous la conduite de Kravtchouk, tout comme l’opposition, misaient plutôt sur la carte nationale.

La Glasnost et la Perestroika voulues par Gorbatchov avaient en effet du mal à être imposées en Ukraine.

 

Tcherbiski, l’un des derniers proches de Brejnev, dirigeait en effet la branche locale du parti d’une main de fer.

Les premiers troubles survinrent en 1986 avec la catastrophe de Tchernobyl, à la suite de laquelle fut créé le mouvement écologique populaire « le monde vert ». La même année, un comité de prêtres et de laïcs réclama qu’on rende ses lieux de culte à l’église uniate, et demanda même de l’aide au pape. Ceci marqua la fin du temps des répressions. Tcherbiski dut composer avec les mécontents et s’allia avec l’église orthodoxe d’Ukraine restée fidèle à Moscou. Mais ceci ne fit que gonfler les rangs du mouvement national ukrainien. Les adhérents du mouvement se référèrent aux événements des années 20 et au dégel ayant eu lieu sous Khroutchschov pour formuler leurs demandes. Ils exigèrent une ukrainisation de la langue, et une société, la « société Chevtchenko pour la langue ukrainienne » fut créée. De vieux tabous furent brisés, et certains événements historiques, comme la guerre civile, les famines et la terreur sous Staline furent débattus dans la sphère publique. Les portes des camps de travail commencèrent à s’entrouvrir, et d’anciens prisonniers politiques, comme Loukianenko ou Tchornovil, prirent la tête de groupes d’opposition.

La sécession d’une Ukraine indépendante n’était certes pas encore à l’ordre du jour, cependant des manifestations pour obtenir un statut indépendant furent organisées en Galicie dès 1988.

Un an plus tard, l’Union soviétique fut secouée par une série de grèves de mineurs, qui commencèrent en Sibérie, mais furent suivie également dans la bassin de Donetsk.

En septembre 1988, des cercles informels se réunirent en un seul et même « mouvement populaire ukrainien pour la Perestroïka », abrévé en RUCH. Lors des élections de mars 1990, celui-ci ravit 117 des 450 sièges du soviet suprême. La majorité était toujours composée de vieux cadres, cependant sous la conduite de Kravtchouk, qui avec reconnu les signes du temps et défendait lui-même en partie la cause nationaliste. C’est ainsi que l’ukrainien fut reconnu langue officielle, et, comme dans d’autres Républiques soviétiques, la souverainité de l’Ukraine fut déclarée, tout comme son désir de commander sa propre armée et de mener sa propre politique extérieure.

A l’intérieur, le combat entre l’opposition et la nomenklature bien établie continua. C’est ainsi qu’une grève étudiante poussa en octobre le premier ministre communiste à démissionner.

Lors d’un référendum en mars 1991, 70% des citoyens se prononcèrent pour le fait de rester dans l’Union soviétique. En même temps, ils étaient aussi d’accord pour la création d’une Ukraine autonome dans une union d’Etats souverains. De fait, l’Ukraine et la Russie s’étaient déjà reconnues mutuellement en novembre de l’année précédente en tant qu’Etats indépendants. Ce n’était donc pas étonnant que Kravtchouk bloque la proposition de Gorbatchov en faveur de la création d’une nouvelle Union des pays soviétiques.

Le putsch raté d’août met finalement fin à cette situation. Le parti communiste est dissout, une loi pour la création d’une armée ukrainienne est votée et l’indépendance déclarée. 90% des Ukrainiens approuveront les événements lors d’un référendum. Kravtchouk emporte les élections présidentielles avec 61% des voix. Suite à l’élection, le traité d’Union est révoqué et quelques jours plus tard est créée à Minsk la « Communauté des Etats Indépendants » (CEI).

Plus personne ne s’occupe de Gorbatschiev. Celui-ci démissionne du poste de président d’un pays, qui de fait n’existe plus.

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