Brody: Tranquillité en Galicie Orientale, Joseph Roth et Baal Shem Tov

Villes et régions d’Ukraine


Brody, petite ville au coeur de la Galicie doit sa notoriété auprès du public français et allemand à l’un de ses illustres fils, l’écrivain Joseph Roth (Brody, 1894- Paris, 1939), qui y naquit et fréquenta son lycée. Ses romans, imprégnés de l’atmosphère du déclin d’une grande monarchie, sont des livres-témoins de l’époque et de la région.

La ville de Brody, fondée il y a plus de 800 ans, était autrefois une capitale marchande à la frontière polonaise. Elle fut soumise tès tôt au Droit de Magdebourg, ce qui favorisa le commerce et l’artisanat.

La population juive, qui représenta jusqu’à deux tiers de la population locale, joua un rôle très important dans le développement culturel de la ville. C’est ici que le rabbin Israel ben Elieser, appelé "Baal Shem Tov", développa l’idée d’un hassidisme non-ascétique.

 

L’apogée de Brody fut sans doute celle après 1772, lorsque la ville se trouva sous la domination austro-hongroise. La ville de Brody acquit le statut de ville marchande libre, ce qui lui donna une impulsion économique importante.

A partir de cette période, elle devint la seconde ville de Galicie, et fit office de ville de transit entre l’Empire Austro-Hongrois et l’Empire de Russie. Des banques; des maisons de commerce étrangères et des comptoirs importants y furent créés. La prospérité grandissante se retrouva également dans le nombre d’édifices publics, écoles, lycées et hôpitaux qui y furent construits et dans le nombre d’administrations qui y installèrent leur siège.

Le déclin de Brody commença à la chute de l’Empire Austro-Hongrois. La Deuxième Guerre Mondiale porta un coup fatal à sa prospérité, les nazis exterminant presque la totalité de la population juive, détruisant ou confisquant les trésors culturels juifs et utilisant les pierres des cimetières juifs pour paver les routes. Après la guerre, la ville fut soviétisée et les précieux monuments historiques laissés à l’abandon.

Brody est également connue pour un autre événement lourd de tragédie. Dans la « cuvette de Brody » périrent en l’espace de quelque jours en juillet 1944 plus de 30.000 soldats allemands lors du retrait des troupes hitlériennes, tandis que plus de 15.000 furent fait prisonniers.

Aujourd’hui, le temps a laissé des traces sur certains lieux et édifices, les a effacées sur d’autres. Seuls les murs porteurs d’une des deux anciennes synagogues sont encore visibles, le cimetière juif autrefois situé aux portes de la ville est aujourd’hui envahi d’herbes hautes, le château a totalement disparu du paysage et une bonne partie du mur d’enceinte s’est effondré. Cependant, en flânant dans les rues de cette ancienne métropole commerciale juive, il est toujours possible d’en sentir la magnifiscence et l’affairement d’autrefois.

Depuis l’indépendance de l’Ukraine, la préservation des derniers vestiges de la métropole est régulièrement à l’ordre du jour. Mais cela n’est pas une mince affaire, car il faut non seulement du temps, mais aussi énormément d’argent.

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